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Récit de carrière #1 : du Nord à Angoulême en passant par le Stade toulousain, Victor Paquet retrace son parcours

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Entre Top 14 au Stade toulousain et ascension avec Soyaux-Angoulême, premier épisode de notre nouvelle rubrique ‘’récit de carrière’’ avec le talonneur Victor Paquet.
ST
Victor Paquet aux côtés de Benoît Lecouls, William Servat et Thierry Dusautoir (de gauche à droite) sous les couleurs du Stade toulousain
SAXV
Après deux saisons en Fédérale 1, Soyaux-Angoulême décroche son ticket pour la PRO D2 ©Serge Richemont
REC-Dax
Victor Paquet ©Jacques Moureau

-par Jean

Rugby Olympique Carolomacérien, 1995-2005

''J’ai commencé le rugby à cinq ans au ROC. Le club de Charleville est un petit club qui a progressé ces dernières années, notamment au niveau de l’école de rugby. On n’était pas beaucoup à mon époque et j’ai retrouvé des images où je jouais avec mon frère Valentin qui a trois ans de plus que moi. C’est que ce n’était pas si réglementé et organisé qu’aujourd’hui (rires). Donc je jouais, mon frère aussi, mon père entraînait et mes parents sont aujourd’hui encore très impliqués. J’ai passé de très nombreuses heures sur le terrain, toujours avec un ballon ou à demander aux seniors à faire des mêlées (rires) et ce sont des souvenirs magnifiques. Ce club me tient à coeur et c’est aussi pour ça que je suis devenu le parrain de l’école de rugby il y a quelques années. Est-ce que ça m’a forgé comme joueur ? Je n’en suis pas sûr mais comme homme, c’est une certitude. Le principal était d’être ensemble, le rugby étant une formidable raison de rassembler les copains. Quand on dit que c’est l’école de la vie c’est bateau, mais tout à fait vrai. À Charleville, les éducateurs nous formaient d’abord à devenir de bonnes personnes et partir de chez moi à quinze ans pour Toulouse a été très difficile''. 

Stade toulousain, 2005-2012

''À treize ans, j’avais postulé pour rejoindre Toulouse en envoyant CV et lettre motivation. Ensuite il fallait aller passer deux journées de détection. Robert Labatut, qui était recruteur, m’avait fait part de son envie de me voir rejoindre Toulouse mais c’était un peu trop tôt. Donc il avait été décidé que je partirai un an plus tard. Pour l’anecdote, c’est lors de cette détection que j’ai rencontré Teddy Iribaren (NDLR : demi de mêlée du Racing 92, formé au Stade toulousain, notamment passé par Tarbes et Brive). Lui, il habitait déjà en région toulousaine. Il était venu me voir, tout chétif avec son casque, pour me demander si le Stade m’avait appelé ou si c’est moi qui avait fait les démarches. Teddy m’avait ensuite expliqué que cela faisait plusieurs fois que le club le contactait mais qu’il ne voulait pas venir pour rester avec ses potes dans son club. Moi j’avais fait la route du Nord, je m’étais dit : ‘’mais pour qui il se prend ce nain’’ (rires). Quand je suis arrivé à Toulouse, je l’ai retrouvé, avec la carrière qu’on lui connaît désormais. Pendant un an, je suis resté à Charleville. Au début, Robert m’appelait régulièrement pour prendre des nouvelles, il est malheureusement décédé ensuite. C’est lui qui avait notamment repéré Frédéric Michalak, Clément Poitrenaud… Pour lui, si tu travaillais mal à l’école, tu ne jouais pas au rugby. À l’été 2005, j’ai donc quitté ma région natale pour Toulouse''. 

Départ

''Partir, c’est un déchirement. Quand j’arrive au Stade toulousain, c’est quelque chose d’incroyable mais je ne me rends pas forcément compte. On passait la semaine à l’internat et le week-end j’allais en famille d’accueil, chez Nicole, une femme en or. On a créé des liens très forts entre joueurs. En arrivant, j’étais souvent avec Rémi Lamerat (NDLR : trois-quarts centre international français, actuellement à Clermont), Yvan Watremez (pilier de Montpellier) et un autre joueur, Florian, qui a arrêté le rugby depuis. C’est là que tu te rends compte que ce sport crée des liens très forts et que je n’aurais sûrement pas eu cela ailleurs. J’étais un passionné et j’avais quelques facilités notamment techniques. À Toulouse, tout le monde était comme ça et je me suis fondu dans le moule. La première année, j’avais été en sélection Haute Garonne, Midi-Pyrénées puis Équipe de France. On avait joué le tournoi des Quatre Nations face à l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Italie''. 

Trajectoire linéaire jusqu’au monde pro

''D’abord, j’avais trois entraînements par semaine et je jouais avec les Cadets du Stade. Ensuite j’ai intégré le pôle espoirs de Jolimont puis le pôle France à Marcoussis (NDLR : le Pôle France rassemble les meilleurs espoirs français chaque année, Victor a fait partie de la promotion Michel Crauste en 2008/2009). Tu passes par Crabos (NDLR : alors U19, désormais U18) avant d’aller en Reichels. Sauf que Reichels au ST ce n’était pas très important. Quand ils estiment que tu as suffisamment de potentiel, tu vas directement en Espoirs. J’ai rejoint le groupe après un match en Reichels en fait. Un jour, en fin de saison, alors que j’avais 19 ans, on fait une opposition en mêlée face à l’équipe fanion. À ce moment, j’alternais de pilier gauche à talonneur. Lors de l’entraînement, je me retrouve face à Census Johnston et il s’avère que soit Census n’avait pas très envie soit il voulait me faire briller (sourire). Ça se passe très bien pour moi et Yannick Bru qui entraînait les avants (désormais à Bayonne) m’a dit que je ferais la préparation physique avec le groupe deux mois plus tard''

Arrivée en Top 14

''La préparation estivale s’était bien passée, les matchs amicaux également. Puis ensuite, je retourne en Espoirs. Est-ce que je réalisais ? Pas vraiment en fait. Quand tu reviens avec les U23, tu redescends de ton petit nuage puis il y a des blessés, du mouvement, tu es de retour avec les pros. En fait, tu ne te poses pas de question, tu es dans le truc. Tu te dis seulement que s’ils te donnent une chance, il faudra la saisir. Et en septembre, j’étais remplaçant contre La Rochelle en Top 14. J’étais entré en pilier gauche puis Bru m’avait demandé si je pouvais jouer talonneur. De là, j’ai pu enchaîné notamment lorsque Servat puis Lacombe se sont blessés''.

Époque rouge et noire 

Victor participe à une grosse dizaine de matchs de Top 14 entre 2010 et 2012 et découvre notamment la HCup (désormais Champions Cup) sous les couleurs du Stade toulousain. 

''J’ai vécu une époque où Toulouse était intouchable. Lors de mes deux dernières années, le club remporte deux titres. Les joueurs étaient quasiment tous internationaux et il y avait une alchimie parfaite, c’est ce qui faisait la force du groupe. Rémi (Lamerat) avait été lancé en pro avant moi et lors de mon premier match, il était titulaire. Ce sont des choses dont on se souviendra toute notre vie. William Servat (NDLR : talonneur, plus de 300 matchs avec Toulouse, 49 sélections en équipe de France) c’était comme un ‘’papa’’. Si t’avais une question, besoin d’aide, il restait avec toi, te rassurait. Virgil Lacombe (talonneur désormais au LOU) avec qui je suis encore en contact était toujours présent pour épauler ses coéquipiers. Le capitaine, c’était Thierry Dusautoir. Alors lui : il parle et tu te tais, tu t’exécutes, il tirait tout le groupe vers le haut. Yoann Maestri est arrivé à ce moment là aussi, en provenance de Toulon. C’était une époque magnifique''. 

Mont de Marsan, 2012-2013

Départ du Stade et catabase montoise

''Toulouse, ça reste des moments somptueux. Mais quand ça se finit et que tu as 21 ans, personne ne vient te dire ce que tu dois faire. Ça fait sept ans que tu es là donc inconsciemment, tu penses faire ta vie là-bas mais la réalité est autre. C’est plus ou moins désolant mais c’est le monde du rugby qui est comme ça. Ça m’aura servi de leçon même si je pense que c’est évitable. Mon plus grand regret est que personne ne soit venu me dire que je ne correspondais pas au futur du Stade toulousain, qu’ils privilégiaient d’autres profils. Je prends un second ‘’coup de couteau’’ par Carcassonne où je devais signer mais qui me met un faux-plan. Je me suis retrouvé sans club, tout le monde avait fait son marché, à mille kilomètres de chez moi. C’était une période un peu difficile. Et début août 2012, Marc Dantin, le manager de Mont-de-Marsan m’appelle. Ça a pris un mois à se faire à cause des formalités administratives. Et je signe le dernier jour des mutations pour les joueurs sans contrat. Dantin me laisse un peu de temps pour me préparer et quand je suis prêt, il se fait éjecter. Et ça ne passe pas avec l’entraîneur des avants qui prend le poste. J’étais déjà dégoûté par mon départ de Toulouse et à ce moment là, c’est très dur. Est-ce que ça vaut le coup de continuer ? Le rêve s’arrête-t-il là ? Et puis, la proposition d’Angoulême en Fédérale 2 est arrivée, c’est Baptiste Gay que j’avais côtoyé à Toulouse (NDLR : ils ont notamment fait partie de la même promotion au Pôle France) qui m’en a parlé. Pour moi, ça représentait une dernière chance dans le rugby… à 23 ans''. 

Soyaux-Angoulême, 2013-2018

''Angoulême, c’était la redécouverte de ce qu’est jouer au rugby avec les copains. La première année en Fédérale 2, on joue vingt-cinq matchs, vingt-cinq victoires, on termine champions de France. On monte en Fédérale 1, on perd en quarts contre Nevers et l’année d’après, on arrive en PRO D2. C’est allé très vite, l’appétit vient en mangeant (rires). Quel souvenir j’en garde ? Angoulême, ça m’a confirmé une chose. Plus tu es proche de tes coéquipiers, plus c’est difficile de s’arrêter. C’est la mode de donner un nom aux équipes alors nous ça aurait été ‘’les frustrés’’. On avait, pour beaucoup, goûté au haut niveau, sans jamais y exceller. On avait du rugby, de l’expérience mais ça aurait pu ne pas prendre. Et en PRO D2, on avait un supplément d’âme, tu peux renverser des montagnes quand le groupe est soudé. À Angoulême, j’ai tissé des liens très forts, j’ai aussi rencontré ma copine, c’était la partie III de ma vie. En arrivant à Rennes cet été, j’ai ouvert le chapitre IV, j’ai cru en ce nouveau projet et je crois que j’ai eu raison''. 

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